Lèvres gercées malgré le baume : les erreurs qui entretiennent le problème et ce qui marche vraiment

Les gerçures simples s’améliorent en quelques jours dès qu’on corrige ce qui les entretient. Quand elles résistent au baume, ce n’est presque jamais une question de quantité appliquée. Le coupable se cache dans la formule du tube, dans un tic de langue ou dans l’air sec de l’appartement.

À retenir
  • Le menthol et le camphre dessèchent les lèvres à long terme.
  • Un baume sans parfum à base de vaseline protège mieux qu’un tube gourmand.
  • Lécher ses lèvres relance le cycle de sécheresse.
  • Un humidificateur compense l’air sec des pièces chauffées.

Une peau qui n’a presque aucune défense

La partie rouge des lèvres, le vermillon, est recouverte d’une couche très fine. Elle contient peu de glandes sébacées et moins de mélanine que la peau voisine. Elle retient donc moins bien l’humidité et se protège moins efficacement du soleil.

L’hiver n’arrange rien. Dans les pièces chauffées, l’hygrométrie descend souvent sous 30 %, et l’eau s’évapore de la peau en permanence. Le vent accélère la disparition du film hydrolipidique résiduel, et la respiration par la bouche pendant la nuit, fréquente quand le nez est pris, dessèche les lèvres pendant le sommeil. Quant au soleil réfléchi par la neige, il frappe surtout la lèvre inférieure, la plus exposée.

Les gestes et les formules qui font tourner le cercle

Le coup de langue arrive en tête. Il soulage un instant, puis les cycles d’humidification et d’évaporation accentuent le dessèchement. Les enzymes de la salive peuvent aussi irriter la peau des lèvres et celle qui les entoure.

Arracher les petites peaux avec les dents ou les doigts ne fait que créer des fissures et des plaies.

Vient ensuite le baume qu’on adore pour sa fraîcheur, et c’est là que le piège se referme. Camphre, eucalyptus et menthol sont d’abord apaisants, mais ils dessèchent en réalité les lèvres, et le menthol s’évapore vite, ce qui peut accentuer la sécheresse. Camphre et menthol se retrouvent couramment dans les baumes dits « médicamenteux », ceux dont le picotement passe pour une preuve d’efficacité. À mon sens, c’est exactement l’inverse. L’American Academy of Dermatology recommande aussi d’éviter le parfum, qui peut irriter et freiner la cicatrisation.

Les arômes de menthe, de cannelle ou d’agrumes rejoignent la liste des irritants. Le baume lui-même peut aussi provoquer un eczéma allergique, avec le menthol, le parfum ou le baume du Pérou parmi les allergènes possibles. La lanoline, hydratante pour beaucoup, déclenche des réactions chez certaines personnes, et l’acide salicylique figure sur la liste des ingrédients à éviter tant que les lèvres sont gercées.

À l’achat, la liste d’ingrédients en dit plus que l’emballage. Les mentions « sans parfum » et « sans arôme » sont plus parlantes que « naturel », et les termes parfum, aroma ou flavor signalent justement ce qu’on cherche à éviter. Certains alcools augmentent la perte en eau, d’où l’intérêt de repérer l’alcool dénaturé ou isopropylique dans la composition. Enfin, les filtres chimiques comme l’octinoxate ou l’oxybenzone sont à écarter si les lèvres réagissent facilement.

Ce qui marche vraiment

Le baume gagnant est ennuyeux. Un baume simple, sans parfum, par exemple à base de vaseline (pétrolatum), fait mieux que la plupart des tubes gourmands. La formule idéale associe des humectants comme la glycérine, qui attirent l’eau, et des occlusifs comme le beurre de karité ou l’huile minérale, qui la retiennent.

Côté rythme, le conseil relayé est d’appliquer le baume toutes les deux heures, et d’en remettre avant le coucher. Pour la nuit, de la vaseline pure au coucher répond au séchage causé par la respiration buccale. Dehors, un filtre minéral à l’oxyde de zinc ou au dioxyde de titane protège du soleil, à renouveler toutes les deux heures en altitude.

Un humidificateur d’intérieur compense l’air sec des pièces chauffées.

Le gommage attendra. Les scrubs agressifs sont à proscrire sur des lèvres déjà gercées, et mieux vaut miser sur une hydratation douce que chercher à retirer chaque petite peau.

Les commissures demandent un traitement à part. En cas de perlèche, il faut les garder aussi sèches que possible, éviter de les humecter avec la langue et appliquer régulièrement une pommade grasse simple pour les protéger de la salive. Boire suffisamment d’eau fait partie des gestes conseillés.

Quand le baume ne suffit plus

Si les lèvres restent sèches malgré un baume bien utilisé, une cause sous-jacente est à envisager, comme l’eczéma allergique, la chéilite atopique ou une carence. En cas de crevasses persistantes, un prélèvement bactériologique ou mycologique est recommandé.

Des lèvres sèches depuis plus de quelques semaines, qui saignent ou qui évoquent une chéilite ou un trouble thyroïdien, justifient un avis médical. Le tabac, qui altère la microcirculation et assèche les muqueuses, pèse aussi dans la balance. Une gerçure laissée à l’abandon peut s’aggraver, s’infecter ou conduire à un bouton de fièvre.

Un baume qui brûle ou irrite à l’application doit être arrêté.

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