Pour une botte trop large au mollet, trois pistes existent : combler le vide avec des textiles, resserrer la tige avec un élastique ou une sangle, ou confier la reprise à un cordonnier. Le bon choix dépend de l’écart et de la matière. En gros, un à deux centimètres de jeu se gèrent chez soi, au-delà l’atelier devient plus raisonnable.
Mesurez avant de bricoler.
Avec un mètre ruban souple, relevez la circonférence de votre mollet à son point le plus large. Posez ensuite la botte à plat, mesurez la largeur de la tige à la même hauteur et multipliez par deux. L’écart entre les deux chiffres vous dit tout : quelques millimètres se compensent avec un textile, plusieurs centimètres réclament une retouche. Gardez aussi en tête que le cuir se détend à l’usage, et qu’une botte limite le jour de l’achat sera plus lâche au bout d’une saison.
- Un à deux centimètres de jeu se gèrent chez soi, au-delà il faut consulter un cordonnier.
- Des collants opaques ou des jambières ajoutent du volume pour combler le vide facilement.
- Un élastique plat cousu à l’intérieur de la tige fronce légèrement la matière sans se voir.
- Une sangle avec boucle réglable enserre le mollet et donne une allure cavalière.
Sans aiguille : collants, jambières et silhouette assumée
Des collants opaques ou des chaussettes hautes en laine ajoutent du volume exactement là où il manque, et l’hiver on les porte de toute façon. Des jambières en maille glissées par-dessus le collant gagnent encore quelques millimètres sur tout le mollet. Le revers de la médaille, c’est une botte plus difficile à enfiler et une cheville parfois comprimée par l’épaisseur.
Un jean slim rentré dans la botte comble déjà une partie du jeu.
Autre option, assumer le vide. Une botte souple en daim ou en cuir fin qui retombe en plis sur la cheville appartient aux silhouettes classiques, à condition de la porter avec un pantalon près du corps pour équilibrer.
L’élastique et la sangle, pour les bricoleuses
L’astuce la plus efficace côté couture consiste à fixer un élastique plat à l’intérieur de la tige, à l’arrière, pour froncer légèrement la matière. Choisissez-le résistant, plus court que l’espace à combler, et cousez-le à la main sur la doublure plutôt que sur l’extérieur, afin que rien ne se voie. On pique d’abord une extrémité, on tend l’élastique, puis on fixe l’autre, avant d’enfiler la botte pour vérifier que le mollet passe sans forcer. Sur du cuir épais, percez les trous à l’alène, sinon l’aiguille casse avant d’avoir traversé.
Cette méthode convient aux tiges souples en cuir fin, en simili ou en textile, qui acceptent de plisser. Sur du caoutchouc, comme les bottes de pluie, aucune aiguille ne passe proprement.
Reste la sangle, sans couture sur la tige elle-même. Une lanière en cuir à boucle réglable, bouclée autour du haut de la botte, la serre au mollet et l’empêche de bâiller. Les merceries vendent boucles et sangles au mètre, et le résultat, d’allure cavalière, se voit : autant le choisir en accord avec le reste de la tenue.
Chez le cordonnier : ce qu’il peut vraiment faire
Un cordonnier peut reprendre la tige en la resserrant à l’arrière : il ouvre la couture, retire une bande de matière, puis recoud en reprenant la doublure. Beaucoup de bottes ont déjà une couture à cet endroit, ce qui permet de réduire la largeur sans que la retouche se remarque. C’est du travail de précision, surtout sur des modèles doublés ou à fermeture éclair, et tous les ateliers ne le proposent pas. Appelez d’abord pour savoir si la retouche de tige fait partie de ses prestations.
Le cuir lisse se retouche le mieux. Sur les matières stretch, la reprise est plus aléatoire, puisque la tige est conçue pour s’étirer avec la jambe.
Demandez un devis avant de laisser les bottes à l’atelier.
Le tarif varie selon la matière, la doublure et la ville, je ne m’avancerai donc pas sur un chiffre. Comparez-le au prix de la paire : sur des bottes d’entrée de gamme, la retouche peut coûter presque autant que d’en racheter, alors que sur une belle paire en cuir elle se justifie. Venez avec le collant que vous porterez et montrez où ça baille, il saura où retirer de la matière.
Pour la prochaine paire
Essayez les bottes avec les collants de l’hiver et glissez un doigt entre la tige et le mollet : s’il passe sans effort, l’écart dépasse ce qu’un textile compensera. Certaines marques déclinent désormais leurs modèles en plusieurs largeurs de tige, ou proposent des tiges réglables par laçage ou par boucle, une option à chercher dès l’achat.