Plier, presque toujours. Suspendu par les épaules, un pull en laine fait reposer tout son poids sur deux points d’appui minuscules, et la maille finit par s’y étirer. Les fameuses bosses de cintre apparaissent au sommet des manches et ne partent pas toujours à la vapeur.
Le cintre ne convient qu’à une poignée de pulls.
- Un pull en laine suspendu au cintre s’étire au niveau des épaules car tout le poids repose sur deux points minuscules.
- Le pliage à plat préserve la forme : mailles fines et serrées tolèrent le cintre plié en deux sur la barre.
- Les housses en coton et le cèdre protègent la laine du rangement sans créer d’humidité contrairement au plastique.
Pourquoi la maille déteste le cintre
La laine est une fibre élastique, naturellement ondulée, qui reprend sa forme après une traction. Cette mémoire a pourtant des limites, comme celles d’un élastique laissé tendu pendant des mois : sous une charge constante, surtout dans une pièce un peu humide, les fibres se relâchent et la maille se détend. Plus le pull est long, épais ou tricoté en grosse maille, plus le poids tire sur les épaules. Un pull torsadé accroché de novembre à mars ressort avec des épaules élargies et un corps plus long qu’à l’entrée.
Les mailles fines et serrées, un mérinos en jauge fine par exemple, tolèrent le cintre si on les plie en deux sur la barre au lieu de les accrocher par l’encolure ou les épaules. Prenez un cintre large, en bois arrondi ou rembourré, et déplacez le pli de temps en temps pour qu’il ne se marque pas.
Si les bosses sont déjà là, passez la zone à la vapeur d’un défroisseur, tenu à distance du tricot. Remodelez ensuite la maille à la main et laissez sécher à plat sur une serviette. Le séchage à plat vaut d’ailleurs pour chaque lavage, car un pull en laine mouillé pèse lourd et c’est à ce moment-là qu’il se déforme le plus.
Le pliage qui préserve la forme
Posez le pull face contre une surface propre, lit ou table, et lissez la maille du plat de la main. Rabattez chaque manche en travers du dos, puis repliez le bas vers les épaules, en deux pour une maille fine, en trois pour un modèle long. Gardez le col hors du pli : un col roulé écrasé garde longtemps la marque. Les pulls à col montant se rangent col vers le haut, au sommet de la pile.
Décalez l’emplacement des plis d’une saison à l’autre.
Sur une étagère d’armoire, préférez un plateau plein, en bois ou tapissé de tissu, aux grilles métalliques qui impriment leurs barreaux dans la maille. Limitez chaque pile à quatre ou cinq pulls, les plus lourds en bas. En tiroir, remplacez la pile par des rouleaux ou des plis posés debout, ce qui permet de voir chaque pull sans fouiller et de ne rien écraser.
Pour le cachemire et les mélanges fragiles, une feuille de papier de soie sans acide glissée dans les plis limite le frottement entre les couches. Elle évite aussi le jaunissement des pulls clairs au contact d’un carton ordinaire.
Ranger pour la saison sans nourrir les mites
Ce qui abîme la laine au rangement, ce n’est pas le temps, c’est la teigne des vêtements. Les papillons adultes ne mangent pas : ce sont leurs larves qui se nourrissent de kératine, la protéine de la laine, avec une préférence pour les fibres imprégnées de transpiration, de sébum ou de traces alimentaires. Un pull lavé, ou au minimum brossé et aéré, est bien moins attirant avant d’être rangé.
Le plastique est à proscrire : il piège l’humidité et favorise les moisissures.
Les housses en coton, les boîtes en carton et les sacs en toile laissent respirer la laine. Le cèdre, en blocs ou en boules, est réputé repousser les insectes, à condition de poncer légèrement le bois à chaque saison pour libérer à nouveau son parfum. La lavande agit dans le même esprit, mais comme simple répulsif : elle ne tue pas des larves déjà installées. En cas de doute sur un pull, quelques jours au congélateur dans un sac fermé éliminent œufs et larves.
Un pull porté une journée n’a pas forcément besoin d’un lavage, mais il gagne à passer la nuit à plat ou sur un dossier de chaise avant d’être replié. La laine rend alors l’humidité absorbée au contact du corps, et ne l’enferme pas dans la pile.